ECONOMIE/ CAMAIR CO: Une compagnie aérienne en perte de vitesse?

CAMAIR CO UNE COMPAGNIE PLOMBÉE PAR UNE DETTE DE PRES DE 30 MILLIARDS DE FCFA?

      Jean Pierre Etaban     Journaliste Indépendant

Jean Pierre Etaban
Journaliste Indépendant

Nous avions encore en mémoire le scénario de 2011 quand Plusieurs personnalités ont répondu par leur présence sur le tarmac de l’aéroport de Yaoundé Nsimalen pour accueillir le nouvel avion Boeing 767 surnommé Nja venant de Douala dans son vol inaugural. Cette compagnie avait été perçue comme une réussite par Bouba Bello, ministre de transport de cette époque . 

Camair-Co la nouvelle compagnie camerounaise de transport aérien avait vu le jour. Bon nombre de Camerounais ayant effectué ce jour un tour à l’aéroport de Nsimalen pour vivre en direct cette évènement du vol inaugural de cet appareil était unanimement convaincu de la mise sur pied d’une compagnie fiable qui fera la fierté du Cameroun dans les airs et dans les aéroports à l’exemple de celui de la France. Et comme il est de tradition pour ce type d’évènement les membres du gouvernement étaient présents avec à leur tête le ministre des transports Bello Bouba  représentant le premier ministre, des membres du corps diplomatique et de nombreux invités et curieux.

Le Boeing 767 était bien là, le symbole de toute une nation. Les curieux venus nombreux s’impatientaient de voir  atterrir à l’aéroport de Nsimalen l’avion, un bijou de la nouvelle génération, le Boeing 767 de la compagnie aérienne Camerounaise Camair Co. Après un rituel comme est de tradition, l’avion avait été  arrosé par des jets d’eau des sapeurs pompiers à titre d’inauguration.

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Plusieurs personnalités faisaient partie de ce vol inaugural au départ de Douala, notamment Alex Van Elke le directeur général de la Camair-Co.

Quatre années seulement après la liesse populaire la médiocrité a refait surface et a gagné du terrain. Plus que jamais, la compagnie aérienne camerounaise Camair Co est vraisemblablement en perte de vitesse. Elle peine à décoller. L’ardoise est salée; 30 Milliards de dette comptabilisée à payer. Que dire de cette situation alarmiste qui ne saurait convaincre les nouveaux partenaires et qui confirme l’échec des pouvoirs publics à nommer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.  Quatre directeurs en quatre ans. Est-ce Nana Sandjon le coupable? A-t-il les moyens et les mains libres pour mener à bien sa mission ?

Malgré les injonctions du ministre Robert Nkili le ministre des transports« Fidéliser les Camerounais avec leur Compagnie nationale et éviter les dépenses de prestige » n’enlève en rien le fonctionnement Made in Cameroun qui voudrait qu’à chaque nomination une équipe vient en renfort du village occuper des services crées tout azimut et improductifs.

Cet avion qui est confisqué par Ethiopia Airlines, selon les experts aéronautiques a une capacité de 210 passagers, dont 30 pour la classe affaire. Pour certaines indiscrétions la nouvelle compagnie Camair Co est née dans un climat favorable dans une période très favorable. Et compte tenu des statistiques qu’offre le marché du transport aérien en Afrique ces dernières années, tout portait à croire que Camair Co venait à point nommé pour s’imposer dans la sous région qui compte désormais plus de 100 millions de passagers par an. Tout cela n’était que la poudre aux yeux?

Ce projet avec de belles intentions s’est vu plombé par des dettes de tout genre engendré par une gestion hasardeuse calamiteuse qui n’échappe à la logique Camerounaise. 

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Le personnel d’une compagnie aérienne se compose  dans l’avion  de deux pilotes dont l’un a rang de commandant de bord, ensuite des hôtesses ou stewards chargés de la sécurité des passagers et du service à bord. Le personnel au sol est aussi pris en compte notamment  les agents d’entretien et de maintenance, les commerciaux chargés de l’accueil, de la vente ou de l’enregistrement des passagers. Tout ce beau monde intervient  pour un vol   à chaque départ. Ce sont des centaines de millions engloutis si l’on y ajoute les droits d’atterrissages, le carburant et autres charges inhérentes au fonctionnement  pour parfois transporter  seulement dix passagers. Est ce le service commercial qui est incompétent ou est ce que les Camerounais ne font pas confiance à leur flotte? Il y a mystère.

Après  M. Alex Van Elk,  M. Mathis, tous deux des ressortissants du Pays-Bas, M. Frédéric Mbotto Edimo, camerounais de Douala Bassa,  à présent M. Jean Paul Sandjon, maire de Bazou (Banganté) le 4ème Directeur général de Camair-Co, il serait difficile de dire avec exactitude les vrais raisons de la perte de vitesse de cette compagnie qui pourrait faire la fierté de tout le pays pour les vols directs Douala-Paris, Paris-Douala.

Le personnel administratif   est pléthorique pour une compagnie de transport aérien qui n’a pas encore des bases solides. Et nous ne le dirons jamais assez. Une méthode de recrutement  à l’emporte pièce. Chaque Directeur veut imposer son équipe, même si le service n’est pas productif. Le plan de sauvetage de la compagnie mis sur pied par le Directeur de Camair Co Jean Paul Nana Sandjon est hasardeux et ne prend pas en compte les réalités du terrain sur le plan concurrentiel, sinon comment imaginer une compagnie improductive, qui tourne à perte et qui ambitionne se frayer un chemin et être rentable.  Camair Co devrait fonctionner avec un plan de trésorerie bien défini pour éviter des scénarios comme celui de son unique avion 767 confisqué par Ethiopian Airlines pour cause de non payement d’une facture d’un milliard de FCFA. Une histoire comme cela là ne serait pas à l’avantage de Camair Co en cette période des vacances où toutes les compagnies aériennes s’arment pour faire le plein des clients. Camair Co  marque le pas sur place et Nana Sandjon trinque. Quel immobilisme? COMME QUOI RIEN NE PEUT MARCHER AU CAMEROUN, TOUT N’EST QUE PURE UTOPIE?

 

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