PORTRAIT/Martin Belinga Eboutou est-il désormais l’homme le plus redouté du système Biya?

 MARTIN BELINGA EBOUTOU UN HOMME A PLUSIEURS VISAGES

            Journaliste           Indépendant

Journaliste
Indépendant

Martin Belinga Eboutou est un homme politique membre du RDPC Parti au pouvoir, un homme de l’ombre , un homme toujours aux arrières postes et mal connu du grand public. Encore moins  l’étendue de son pouvoir dans  son rôle inaccessible et négligé et qui colle parfaitement à sa stature de diplomate faisant allégeance à son patron à son chef.

Martin Belinga Eboutou est né le 17 février 1940 à Nkilzok ,  dans l’arrondissement de Zoétélé au Cameroun. Il est marié et père de six enfants. Son père Tobie Belinga catéchiste a été enterré à la Mission Catholique de Ndene après sa mort . Orphelin de père à fleur de l’âge, l’héritier de Tobie Belinga et de Veronique Eboutou fils unique, peu après l’Ecole catholique de Nden fréquente aux Séminaires d’Otele, d’Edéa puis d’Akono où il a l’opportunité de rencontrer Paul Biya l’actuel Président de la République du Cameroun son aîné d’environ sept ans. Prédestiné à être un futur prêtre Belinga Eboutou en ressortira avec un baccalauréat littéraire. Il poursuit ses études supérieures notamment à l’Université Lovanium au Zaïre et à Paris, il est titulaire d’une Licence en droit canon et d’un Doctorat en droit. Il est également diplômé de la section diplomatique de l’ENA de Paris.

Belinga Ebountou

Belinga Ebountou

Martin Belinga Eboutou a commencé sa carrière en 1968 comme Secrétaire au Ministère des affaires étrangères. De 1970 à 1974, il a été Chargé d’affaires à l’ambassade du Cameroun au Congo. En 1974, il a été maître-assistant à l’Institut des relations internationales du Cameroun.

De 1974 à 1985, il a été Chef de la section des organisations régionales au Ministère des affaires étrangères du Cameroun.  De 1985 à 1989, il a dirigé la Commission économique du Cameroun à Paris, Rome et Tunis.

Martin Belinga Eboutou devient ensuite directeur du protocole d’État à la Présidence de la République de 1989 à 1997, et Directeur du cabinet civil de septembre 1996 à décembre 1997. Mais pour beaucoup de Camerounais, il restera l’emblématique directeur du protocole d’État, même s’il n’a occupé le poste que huit ans.

En 2001 Martin Belinga Eboutou est exilé, il est écarté du pouvoir central. Sanction ou Promotion, nul ne saura le dire avec exactitude. Son nouveau poste de Représentant permanent du Cameroun auprès des Nations Unies à New York est percu par ses détracteurs comme une sanction. Un règlement de compte. De octobre 2001 à décembre 2007, son poste est tenu par des diplomates chevronnés de la trempe de Dominique Essama Awono une élite comme lui de la lékié. Revenu dans le cercle très fermé  présidentiel, après six ans passé auprès des Nations Unies à New York Martin Belinga Eboutou n’a plus confiance en personne. La Direction du Cabinet Civil (DCC) est systématiquement nettoyée. Toutes les promotions de ses prédécesseurs telsque celles d’Edgar Alain Mebe Ngo’o et de Jean Baptiste Belehoken sont balayées du revers de la main. Ses amis d’hier sont éloignés du pays tandis les autres sont appelés à faire valoir leur droit à la retraite. En seul maître à bord de la bulle sacré Martin Belinga Eboutou est-il  plus que ce que nous croyons? Est-il désormais l’homme le plus redouté du système Biya?

Jean Pierre Etaban

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