Les Mémoires/ Les prédictions de Mgr Ndogmo sur les Bamiléké

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© Emergence : Ntche, Tissah Georges
HISTOIRE VRAIE OU SPÉCULATIONS?
Message de Mgr NDOGMO au Bamiléké: « Les Bamiléké sont la race la plus nombreuse au Cameroun. Ils sont aussi économiquement les plus forts. Par conséquent, il leur faut le pouvoir politique. Pour avoir ce pouvoir politique, que faut-il faire ? Il faut:Conquérir le monopole dans l’Église Catholique du Cameroun; Encourager les naissances parmi les populations bamiléké; Encourager les Bamiléké à être présents dans tous les milieux.. » 
Monseigneur Albert Ndongmo, ancien évêque de Nkongsamba, de passage à Paris, est invité par M. Tekam Jean-Michel à son domicile, 18, avenue Charles-de Gaulle, 92 Neuilly-sur-Seine pour y baptiser l’un de ses enfants. Au mois de janvier de cette année (1987), M. Tekam Jean- Michel, s’était rendu au Canada pour rencontrer Monseigneur Ndongmo. Ensemble, ils ont fait le point de la situation et chargé Tekam Jean-Michel de convoquer la réunion de Paris sous le couvert du baptême de son enfant (28 mars 1987).Une délégation de personnalités bamilékés conduite par le Dr Tagny Mathieu, ancien maire de Bafoussam et membre influent de la section R.D.P.C. de la Mifi, avait fait le voyage de Paris pour prendre part à ces assises.
M. Tekam Jean-Michel est Docteur en pharmacie, ingénieur chimiste. Il a enseigné longtemps à la Faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé. A propos d’une nomination à un poste où il n’est pas agréé, il se brouille avec l’Administration et entre alors en dissidence.Mécontent, il s’expatrie en Algérie où il est recruté comme enseignant à l’Université d’Alger. Plus tard, lorsque le gouvernement algérien décide l’arabisation de cette institution, les professeurs étrangers sont à la porte, et c’est ainsi que M. Tekam se retrouve à Paris avec son collègue M. Abel Eyinga qui enseignait, lui aussi, à la Faculté de Droit de la même Université Le samedi 28 mars 1987, à 8 heures du matin, a lieu le baptême de l’un des enfants de M. Tekam Jean-Michel. La cérémonie, présidée par Monseigneur Ndongmo en personne, a lieu dans une petite église située à côté du domicile de M. Tekam.Elle est ensuite suivie d’une grande réception qui dure toute la journée et se poursuit tard dans la nuit, jusqu’à 24

Jean Michel Tekam

Jean Michel Tekam

heures. N’y sont invités que les Bamilékés. Aucun Camerounais d’une autre tribu; aucun étranger.

Assistent notamment à la cérémonie : – Le Professeur Kapet de Bana; – Le Dr Kuissu (Docteur en médicine), ami et proche collaborateur de Woungly- Massaga;M. Ngayap Flambeau, Premier Vice-Président de la Section R.D.P.C. de Paris; M. Nguekam Abraham; Tous les Bamilékés du Manidem . Bref, toute la colonie Bamiléké de Paris.

Prenant la parole, Monseigneur Ndongmo dit en substance ceci : Les Bamilékés sont la race la plus nombreuse au Cameroun. Ils sont aussi économiquement les plus forts. Par conséquent, il leur faut le pouvoir politique. Pour avoir ce pouvoir politique, que faut-il faire ? Il faut : 1) Conquérir le monopole dans l’Église Catholique du Cameroun; 2) Encourager les naissances parmi les populations bamiléké; 3) Encourager les Bamilékés à être présents dans tous les milieux.

1.L’Église Catholique, affirme Monseigneur Ndongmo, est actuellement encadrée au Cameroun par 18 archevêques et évêques dont 8 Bamilékés, c’est-à-dire à peu près la moitié de l’épiscopat camerounais. Lui-même, Monseigneur Ndongmo, est actuellement le Consulteur du Pape. Rien ne peut se faire au Cameroun sans lui. Comme preuve, la nomination des évêques camerounais de ces dernières années. Bientôt va s’ouvrir à Yaoundé un Institut Catholique dont il est le fondateurpour avoir conçu l’idée et cherché le financement.

Chefferie Bafoussam

Chefferie Bafoussam

Il en sera nommé recteur par le Saint-Siège. En cette qualité, il aura le pouvoir de privilégier la formation d’un grand nombre de prêtres bamilékés; et si le Vatican veut nommer un évêque, il pèsera de tout son poids pour que celui-ci soit bamiléké en priorité.

2. En deuxième lieu, il faut encourager les naissances de sorte que entre l’an 2000 et 2020, la moitié de la population camerounaise soit bamiléké. Chaque jeune femme bamiléké doit avoir 4 enfants au minimum si elle ne peut en donner jusqu’à 12. Il est fort probable qu’après l’an 2000 la démocratie sera bien assise au Cameroun. Et comme il faudra voter démocratiquement partout, les Bamilékés, avec leur argent, auront la majorité. A partir de ce moment-là, le pouvoir politique sera dans leurs mains.

3. En troisième lieu, les Bamilékés doivent être présents dans tous les milieux pour voir et entendre tout ce qui s’y passe. Citant un proverbe, Monseigneur Ndongmo dit qu’il ne faut jamais mettre tous les oeufs dans un même panier. Quand on met les oeufs dans un seul et même panier, et qu’il arrive que celui-ci se renverse, tous les oeufs se cassent inéluctablement. Par contre, si les oeufs se trouvent répartis dans plusieurs emballages, on a la chance d’en récupérer quelques-uns. Par conséquent, les Bamilékés doivent être présents dans tous les milieux.

C’est pourquoi il faut encourager l’implantation des colonies bamilékés dans toutes les régions du pays. La voie poursuivie depuis quelques années pour la nomination des évêques bamilékés dans différents diocèses du Cameroun correspond bien à cette politique.

En conclusion, il demande à toute l’élite bamiléké de lui apporter son soutien total dans la réalisation de ce projet. Il est aussi important de rappeler ici que le quotidien “Le Messager” avait déjà repris une entrevue que le feu Monseigneur Ndongmo avait eue avec “Jeune Afrique Economie” et dans laquelle il déclarait que “parmi les erreurs qu’a commises Ahidjo à l’endroit du peuple camerounais, vient en tête le fait d’avoir laissé le pouvoir entre les mains de ceux qui ne sont pas habitués à manier l’argent.”

Si les Bamilékés sont dépositaires de la puissance économique au Cameroun, le régime en place réussit néanmoins à les écarter des cercles de décision.

Ntche, Tissah Georges
Enseignant et Chargé de Recherches
Washington, DC / USA
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