ECONOMIE/ Le pétrole Africain est-il un source de malheurs?

Le pétrole africain est aujourd’hui convoité par toutes les grandes puissances industrielles. Mais la manne pétrolière,Offshore-Kribi-inauguration promise à devenir un puissant moteur de développement économique, est souvent perçue par les Africains comme une malédiction, à cause de la corruption et des tensions politiques qu’elle suscite.

Il est évident que la montée des tensions dans le golfe arabo-persique a mis en lumière une fois de plus l’extrême dépendance, directe ou indirecte, des pays grands consommateurs d’énergie par rapport à cette région. Le développement ou la croissance d’un secteur pétrolier en Afrique subsaharienne prend donc une importance particulière, même si cette région ne peut prétendre constituer une alternative de quelque ordre que ce soit. Ses réserves avérées ne représentent qu’environ un dixième de celles du Moyen-Orient, mais elle est plus directement accessible pour les États occidentaux comme la France qui règne en Maître absolu sur les réserves des pays francophones.

Le marché pétrolier est un marché global depuis de longues années et nombreux sont de grandes compagnies qui opèrent en Afrique depuis des décennies. De plus, l’Afrique au sud du Sahara offre une série d’avantages significatifs qui en font une zone privilégiée pour les multinationales, notamment parce que les termes de contrat d’exploitation y sont favorables à tous les points de vue.  Offshore 5

Cependant, l’utilisation des revenus pétroliers par les pouvoirs en place suscite les interrogations croissantes des opinions publiques en raison de leur impact sur la distribution des richesses qui reste à désirer, sur le développement économique et sur l’environnement.

L’exploitation du pétrole fut beaucoup plus tardive en Afrique : la production démarra dans les années 1950 en Algérie, au Gabon, au Congo ou en Angola, dans les années 1960 au Nigeria et en Libye. La production de pétrole en Afrique était concentrée sur deux zones et quelques pays : le pourtour du golfe de Guinée, avec un producteur majeur (le Nigeria) et plusieurs producteurs significatifs (notamment l’Angola, le Congo, le Gabon et la Guinée-Équatoriale, producteur récent mais en plein développement) ; l’Afrique du Nord (Algérie, Libye, Égypte et dans une moindre mesure Tunisie).Offshore

Au total, les réserves de pétrole du continent s’élèvent à 77 milliards de barils, dont 42 en Afrique du Nord et 34 en Afrique de l’Ouest et dans le pourtour du golfe de Guinée. La production du continent atteint 7,8 millions de barils par jour (soit un peu plus de 10 % du total mondial). L’Afrique n’est donc pas, en termes de réserves et de production, un nouveau Moyen-Orient, mais son rôle comme fournisseur des États-Unis et de l’Europe en fait un acteur clé.

Des réserves de pétrole avaient été identifiées au Tchad, les compagnies pétrolières américaines (Conoco puis Exxon) ont mis en évidence la présence de réserves importantes dans la région de Doba. Leur exploitation a rendu nécessaire la construction d’un oléoduc de 1 300 kilomètres traversant le Cameroun, d’un coût supérieur à 3 milliards de dollars (installations de production et oléoduc), financé avec l’aide directe de la Banque mondiale.

Au Nigeria, 95 % environ du pétrole est produit par des joint-ventures (JV), c’est-à-dire des associations entre la société nationale NNPC (Nigeria National Petroleum Corporation) et les compagnies étrangères qui sont, dans la quasi-totalité des cas, les opérateurs. Ce qui est contraire avec les pays de la zone CFA qui tarde à sortir de la tutelle de la France.Les heros du petrole off-shore

Au Congo-Brazzaville, TotalFinaElf, qui a hérité des actifs d’Elf dans les États francophones, est le principal opérateur en association avec ChevronTexaco, Energy Africa (Engen, Afrique du Sud) et SNPC (Société nationale des pétroles du Congo), la société nationale.

Au Gabon, les deux principaux opérateurs restent Shell et TotalFinaElf, implantées depuis le début dans le pays. Mais, plus encore qu’au Congo, les investissements d’exploration sont dorénavant surtout le fait de petites compagnies privées comme Amerada Hess, qui produit déjà, Pioneer Natural Resources, Vaalco Energy, Pan African Energy Corporation Ltd, Sasol Petroleum International et PetroEnergy Resources Corporation.Offshore 3

Au Cameroun la politique d’exploitation du pétrole est inefficace à cause du poids de sa dette. Dans de nombreux cas, son accès aux marchés internationaux de capitaux, nécessaire notamment pour financer les développements pétroliers, ne peut se faire que par les compagnies pétrolières, qui disposent d’un crédit incontestable sur ces marchés, raison pour laquelle le Cameroun ne contrôle pas son marché pétrolier à l’échelle internationale.

La plupart des pays d’Afrique subsaharienne, pour bénéficier de la manne pétrolière pour son développement économique, doivent adopter une forme unique des régimes juridiques d’exploitation face aux investisseurs étrangers, tant en termes d’accès à la ressource que de régime fiscal, à un moment où les autres pays producteurs restent relativement fermés. L’exploitation doit se faire essentiellement par joint-venture ou par contrats de partage de production associant les compagnies nationales afin d’espérer transformer le revenu pétroliers en un puissant moteur de développement économique.

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