ACTU/ C’est désolant de voir le Cameroun à l’état actuel sans aucun espoir d’éviter des pertes en vie humaine?

 

      Jean Pierre Etaban     Journaliste Indépendant

Jean Pierre Etaban
Journaliste Indépendant

Le 19 mars 1999 contre toute attente un décret est signé pour la dissolution de la Régie Nationale des Chemins de Fer du Cameroun, en abrégé «  REGIFERCAM », créée par arrêté du 17 juillet 1947. Au titre de la Convention de concession de l’activité ferroviaire au Cameroun signée le 19 janvier 1999 entre la République du Cameroun et Société Camrail. Ni l’actif, ni le passif n’est pas repris  par le nouveau concessionnaire. Les pouvoirs publics trouvent un moyen de brader une compagnie de fierté nationale au franc symbolique alors que le projet du pipeline Tchad-Cameroun était en phase de réalisation pour créer des emplois directs et indirects.

Des investissements, les progrès techniques et les innovations de ces dernières années, la dynamique d’une économie globale des nouveaux pôles de développement social ne semblent pas concernés les pouvoir publics Camerounais. Des axes routiers qui s’écroulent, des chemins de fer avec des voies impraticables  qui ne tiennent à peine après chaque passage d’une locomotive reliée aux wagons dégradés et inconfortables. Une menace pour la couche d’ozone. Une compagnie aérienne moribonde qui peine à décoller. Voilà le vrai visage du Cameroun des grandes ambitions,  une preuve de plus qui démontre qu’en  matière de transports au Cameroun tout est fait avec improvisation. C’est désolant de voir un pays comme le Cameroun dans une misère aussi alarmante et décevante.bb3

Les mutations sectorielles sont stagnantes, la population abandonnée à son sort. Le chômage des jeunes diplômés n’est plus à démontrés, la retraite est devenu une sanction pour une caste de vieillards qui ont confisqué tous les secteurs sans aucun souci de rendement pendant que 70% des 20 millions d’habitants que compte le Cameroun ont moins de 30 ans… Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Paul Biya ne donne plus l’impression d’être un Président qui souhaite travailler. Il ne contrôle plus rien. Il s’est fait prisonnier de son propre système au point où certaines décisions n’émanent plus de lui. Il est quasiment toujours absent à Yaoundé, la capitale. L’on note avec amertume que l’argent du contribuable sert à des voyages privés en Europe dont une bonne partie de l’année, sa présence est signalée à Genève, en Suisse.aa3

Ses multiples longues absences du pays confirment un certain laxisme de son Gouvernement à implémenter les projets d’ambitions capables de produire un développement durable, seuls les slogans creux du genre  » Cameroun pays de grandes ambitions  » sont entretenus.

Le Cameroun est un pays où rien n’est pris au sérieux, où le Groupe Bolloré et ses sbires pénètrent à pas de géant dans tous les secteurs de l’économie sans aucune ambition de garantir des emplois et stimuler ainsi la croissance dans les secteurs clés de l’économie dont il occupe un bonne partie de responsabilité.

La Société Camrail illustre fortement l’échec des investissements du Groupe Bolloré au Cameroun. Ce Groupe s’est beaucoup plus illustré dans des investissements qui ne sont  pas planifiés à long terme. Il nous souvient que cette société avait été cédée au franc symbolique sous la pression de l’Élysée suite aux enjeux entre les Américains du Groupe COCTO qui avaient pour mission de construire le pipeline Ndjamena- Kribi et la Société Française Cori pour l’entretien du réseau après la mise en service. Le transport du matériel était confié à Camrail qui avait brassé des milliards et des milliards d’Euros dans ce projet.aa2

La question que l’on est en droit de se poser après la catastrophe ferroviaire enregistrée ces dernières heures qui a fait des centaines de morts est de savoir pourquoi le cahier de charge de la Camrail ne s’est pas appesanti aux innovations afin de promouvoir un investissement plus conséquent à moyen et à long terme et rendre ce secteur plus productif avec notamment  la mise sur pied d’une compagnie de transport ferroviaire crédible, avec des infrastructures modernes? Tout a été organisé avec précipitation. Une preuve de plus que nos infrastructures routières, ferroviaires, aériennes désuètes sont à l’image d’un Cameroun, un pays où la population n’a plus confiance aux investissements étrangers et à ses dirigeants.aa

 

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